Guy
Laramée

La maison des vents

La sculpture commandée par la Ville de Saint-Hyacinthe pour commémorer le 140e anniversaire du facteur d’orgues Casavant Frères. Une montagne de tuyaux d’orgue qui souffle une musique composée par l’artiste.

La maison des vents, de Guy Laramée, réalisée dans le cadre du programme d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement de la Ville de Saint-Hyacinthe, en 2020, et dont la thématique était la commémoration du 140e anniversaire du facteur d’orgues Casavant Frères, est une œuvre qui a du souffle…

« Un orgue est un peu comme un centre des congrès. […] Un centre des congrès est un peu comme un orgue », écrit Laramée.

La maison des vents est une méditation sur la solidarité des tuyaux d’orgue qui unissent leur voix, comme celles des congressistes, en tendant vers l’harmonie. Elle ne va pas sans tension, l’harmonie. Lorsque certaines voix s’élèvent, d’autres s’élèvent au-dessus ou contre, créent des frictions; pendant que des voix naissent et s’éteignent doucement, d’autres, encore, s’obstinent et répètent en boucle leurs harangues comme un motif sur lequel d’autres ajouteront les leurs. De tension en tension, observant ici et là des pauses, des silences, les voix tendent vers une résolution.

On peut imaginer le capharnaüm retentissant si tous les tuyaux d’un orgue, si tous les congressistes devaient « chanter » en même temps… Le souffle produit suffirait à éroder une montagne!

Question de point de vue, tout est une question de point(s) de vue. Selon l’angle sous lequel on observe l’œuvre de Laramée, on découvre : un paysage, une maison haut juchée (la maison des vents?), un auditorium dans le ventre de la montagne (dans le ventre de l’orgue!), un écho entre le motif des tuiles du plafond du centre des congrès et les tuyaux carrés de l’orgue…

Selon l’angle de réflexion, on peut intellectualiser ces découvertes et, à la manière des poupées russes, penser que « tout est dans tout » et que l’auditorium est dans le ventre de l’orgue, qui est une montagne, qui est un paysage, qui est une (notre) histoire, qui est une construction humaine, qui est une maison soufflée sur une montagne, qui est un orgue dans un centre des congrès, qui est dans une ville…

Mais on peut aussi regarder, simplement, écouter.

Contempler.

Sculpteur et artiste multidisciplinaire né à Montréal, en 1957. Guy Laramée a œuvré dans les arts de la scène (danse contemporaine, théâtre) comme auteur et metteur en scène, compositeur et directeur musical pendant une vingtaine d’années. Il est le fondateur de l’ensemble musical TUYO (1987). Il a par ailleurs reçu le prix Joseph S. Stauffer du Conseil des arts du Canada pour l’ensemble de ses compositions. À 42 ans, Laramée décide de retourner aux études et entreprend deux maîtrises simultanément : en anthropologie et en arts visuels, celle-ci étant le laboratoire de celle-là et vis-versa. Après une trentaine d’années de pratique artistique, plus de trente bourses de création, quinze expositions individuelles et plus de vingt expositions collectives, Laramée a présenté ses œuvres au Canada, aux États-Unis, en Belgique, en France, en Allemagne, en Suisse, au Japon et en Amérique du Sud. Parallèlement à sa carrière artistique, Laramée a poursuivi des recherches anthropologiques dans les champs de l’ethnographie, de la créativité et de l’imagination. Une monographie de son travail a été publiée en 2013, par EXPRESSION Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe.

La maison des vents, 2020


Tuyaux en bois (peuplier) fini au jet de sable et protégé par un vernis ignifuge, caisson aluminium brossé/patiné noir, composantes électrique, mécanique, informatique

381 x 166,2 x 196,8 cm (h x l x p)


Intérieur

Selon les heures d’ouverture

Centre des Congrès de Saint-Hyacinthe

Bourg-Joli

Collection de la Ville de Saint-Hyacinthe

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