Yves
Louis-Seize

L’échange

Une sculpture d’aluminium et de béton « à hauteur d’homme » au cœur de la place des Bénévoles pour honorer l’implication bénévole des Maskoutains et Maskoutaines, le travail humain.

L’art se présente parfois comme un bloc, une forme pure aux lignes dures ; comme un monolithe hermétique et imprenable. Mais, à bien regarder, on arrive à y déceler une brèche, une ouverture qui laisse la lumière passer, si on se prête au jeu de citer librement Leonard Cohen.

L’Échange, d’Yves Louis-Seize, se présente ainsi et « crée » précisément ce qu’elle dit être : un échange justement, un espace de discussion dans lequel on questionne la forme, le bloc, mais dans lequel on s’interroge intérieurement aussi. Dans Le pouvoir de l’art, le philosophe Markus Gabriel avance que « les œuvres d’art ont la faculté de se penser elles-mêmes » et donne comme exemple Le Penseur de Rodin. Bien sûr, le bronze n’a pas la capacité de penser, mais l’œuvre « vous fait penser dès que vous vous demandez ce qu’[elle] signifie », défend Gabriel. À l’image des deux structures d’aluminium peintes en vert qui couronnent la sculpture, on est face à l’œuvre et l’espace entre nous, comme un silence complice, participe à la conversation.

Un dialogue s’ouvre encore dans la partie centrale de l’œuvre, la structure grise (la matière grise!) ajourée d’où vient poindre la lumière. C’est la lumière « que l’on perçoit suite à l’intervention des bénévoles. C’est aussi l’éclairage apporté par les bénévoles aux personnes qui les côtoient », répondait Louis-Seize à la journaliste Denyse Bégin dans un article du Courrier en 2001. La forme grise ajourée, observée sous le bon angle, dessine un « M » majuscule… « M » pour Maskoutain·es, « M » pour merci!

L’Échange est situé au cœur de la place des Bénévoles et « [a]u cœur du bénévolat, il y a un échange. […] L’œuvre a été conçue à échelle humaine pour signifier qu’elle représente le travail d’humains », précisait l’artiste à la même journaliste. De la maquette à la réalisation, les œuvres d’art public souffrent parfois du changement d’échelle. Louis-Seize, à la commande de la Ville de créer une œuvre pour la place des Bénévoles, a choisi de proposer un hommage à hauteur d’homme.

Né à Saint-André-Avellin, en Outaouais, en 1950. Il détient une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal (1989). De 1989 à 2018, il a enseigné la sculpture et la céramique à l’UQAM. Il a présenté quantité d’expositions individuelles et a participé à un plus de cent expositions collectives au Québec, au Canada et à l’international. En trente ans, Yves Louis-Seize a créé vingt œuvres d’art public, la plupart réalisées en Montérégie dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du gouvernement du Québec. Son œuvre figure dans plusieurs collections publiques et privées.

L’échange, 2001


Aluminium peint, béton coloré

358,14 x 118,11 x 118,11 cm (h x l x p)


Extérieur

En tout temps

Place des Bénévoles

Notre-Dame

Collection de la Ville de Saint-Hyacinthe

s.o.