Claude
Millette
Perséides
Trois « rails » d’acier inoxydable comme les lignes cinétiques d’un dessin pour suggérer le mouvement; trois rails d’acier inoxydable figés pour l’éternité.
Commande passée à l’artiste en 2013, à l’occasion du 20e anniversaire de la SDS (Société de diffusion de Spectacle de Saint-Hyacinthe) et installée dans les Jardins Sylvestre-Lafontaine, l’œuvre Perséides du sculpteur Claude Millette joue sur la notion de météores, d’étoiles.
Les perséides seraient les enfants de Persée, la descendance de celui qui décapita Méduse, la gorgone qui avait le pouvoir de statufier quiconque soutenait son regard. En extrapolant, les perséides seraient cette pluie d’étoiles qui ont percé le ciel du monde du spectacle : les interprètes, les danseuses étoiles qui, par leur talent, laissent souvent l’assistance… médusée!
Pas d’acier corten ici, rien ne doit ternir la mémoire des étoiles passées. L’acier inoxydable choisi par l’artiste rappelle le brillant des perséides et s’intègre à la finition argentée du centre des arts Juliette-Lassonde, réalisation de la firme Dan Sergiu Hanganu architectes à qui l’on doit, entre autres, le Musée Pointe-à-Callières et la rénovation, en 1997, du Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal. Les trois éléments sculpturaux courbes de l’œuvre, signature du travail de Millette, comme trois arcs bandés, créent une tension avec le bâti rectiligne du centre.
Millette aime travailler avec la résistance des matériaux, en les prenant à bras-le-corps, à l’aide du feu du soudeur et du marteau du forgeron, afin de leur « conférer » souplesse et sensualité. Et, à l’instar des modernistes, il préfère le matériau à son état naturel et aime le présenter ainsi, nu. Mais ce qui compte plus encore, c’est le paradoxe de l’idée de mouvement dans une forme figée, captive. C’est l’expression figée d’une victime de Méduse, statufiée pour l’éternité.
Sculpteur né à Saint-Hyacinthe en 1957. Comme beaucoup de Québécois, Millette a été touché par Expo 67, moment marquant où il a pressenti qu’il serait artiste. Après le secondaire, il s’inscrit à un cours de sculpture à Saint-Jean-Port-Joli. Au terme de ces deux années d’études pratiques, c’est le coup de foudre pour la sculpture, seulement, Millette délaisse le bois pour l’acier avec (ou contre) lequel il aime se livrer à un combat physique. De retour en Montérégie, il fréquente l’atelier de Jordi-Bonet à Mont-Saint-Hilaire. Il vit à Saint-Bernard-de-Michaudville où il a élu résidence depuis plusieurs années. Il a réalisé plus d’une quarantaine d’œuvres d’art public dont une dizaine sur le territoire maskoutain, mais aussi à Montréal, Boucherville, Saint-Bruno-de-Montarville et, bien sûr, Saint-Hyacinthe. Il a participé à plusieurs symposiums internationaux sur la sculpture et ses œuvres font partie de plusieurs collections publiques et particulières.
Perséides, 2013
Acier inoxydable, base en béton armé
414 x 145 x 85 cm (h x l x p)
Extérieur
En tout temps
Jardins Sylvestre-Lafontaine du Centre des arts Juliette-Lassonde
Christ-Roi
Collection de la Ville
s.o.
Claude Millette
Claude Millette
Claude Millette