Marie-France
Brière
Cascade d’eau en rivière
Une sculpture de granit et d’acier, inspirée des jeux de reflets à la surface de l’eau et du tracé de la rivière Yamaska, étonnamment fluide pour sa matérialité.
Pour élaborer les plans du Centre aquatique Desjardins, les architectes se sont apparemment inspirés du glacier, de l’idée du glacier. On pourrait donc penser le Centre aquatique comme étant le petit frère des Montérégiennes. Il aurait été formé par des poussées de magma sous la surface de la croûte terrestre avant le passage des glaciers, qui auraient érodé la couche de roche sédimentaire, le laissant seul debout à plusieurs kilomètres de ce qui a déjà été la mer de Champlain.
Pour créer sa sculpture réalisée dans le cadre du programme d’art public, l’artiste Marie-France Brière s’est inspirée de l’eau, des jeux de reflets à la surface de l’eau, des miroitements d’une rivière, de l’illusion distordue d’un objet à moitié submergé dans l’eau. Pour la partie centrale de l’œuvre, elle a choisi une feuille d’acier ondulée et trouée pour accentuer le scintillement des jeux de lumière dissimulés dans la « tête » de la sculpture. Cet effet est particulièrement saisissant à la tombée du jour, lorsque les couleurs se fondent sur le noir du granit poli qui retient l’ensemble de l’œuvre.
On peut penser que la Cascade d’eau en rivière de Marie-France Brière est un clin d’œil aussi bien à la genèse du territoire né après le passage des glaciers qu’à la naissance du territoire maskoutain quand Jacques-Hyacinthe Simon dit Delorme a décidé de centrer les activités de sa seigneurie non loin du rapide et des chutes d’eau de la rivière Yamaska, non loin de la cascade. Et bien que l’œuvre de Brière soit érigée dans le quartier Bourg-Joli, soit plutôt loin de ladite cascade, il est intéressant de noter que ce quartier a déjà appartenu au seigneur fondateur de Saint-Hyacinthe.
Le seigneur Delorme était-il bon nageur? Ça, l’histoire ne le dit pas.
Artiste multidisciplinaire née à Montréal en 1957. Marie-France Brière est titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal. Avant l’obtention de sa maîtrise, elle a fait un long séjour en Italie où elle est allée parfaire ses techniques de sculpture de la pierre. Sa démarche se concentre principalement sur la sculpture, mais le son, la photographie et le texte y ont aussi leur place. Boursière à maintes reprises du Conseil des arts du Canada, Marie-France Brière a également remporté, en 1996, le prix Louis-Comtois qui reconnaît la qualité de la production d’un·e artiste à mi-carrière. Ses œuvres ont été présentées dans quantité d’expositions individuelles et collectives, et font partie de prestigieuses collections muséales et particulières. Brière est reconnue pour ses nombreuses productions d’œuvres intégrées à l’architecture et à l’environnement. L’Université McGill, l’Université Concordia, la Cinémathèque québécoise, le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec et l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal, pour ne nommer que ceux-là, sont autant de lieux où l’on peut admirer son travail. Une monographie de son travail a été publiée en 2022, par Plein sud édition.
Cascade d’eau en rivière, 2012
Granit noir poli cambrian (Stanstead), acier inoxydable #304 3/16, trous 3/8’’, lumière
444 x 290 x 92 cm (h x l x p)
Extérieur
En tout temps
Centre aquatique Desjardins / 850, rue Turcot
Bourg-Joli
Collection de la Ville de Saint-Hyacinthe
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